Interview par Isabelle Sobelman

Plaisir

Isabelle Sobelman : Tu viens d’où ?

Philippe Berry : De loin… J’ai arrêté l’école en fin de seconde, j’ai fait un mois de première j’en pouvais plus, je savais ce que je voulais faire, de la bande dessinée. Depuis tout petit je voulais en faire, c’était ma culture…. Il y avait des génies à l’époque, comme Robert Crumb.

Isabelle Sobelman : Je viens de lire son Kafka qui a été réédité, un petit chef-d’œuvre !

Philippe Berry : Aujourd’hui on le redécouvre, dans les années 60 il était très connu aussi, mais pillé, comme à l’époque la BD c’était rien, on le pillait dans tous les magazines, maintenant il a une deuxième carrière en tant qu’artiste ; il a été important pour moi parce qu’il rejoint Disney, il représente le côté noir, « wild », il reprend les même codes, j’ai cette culture Disney et Crumb dès le départ.

Isabelle Sobelman : Tu le découvres en 1970 ?

Philippe Berry : Oui, avec d’autres, le groupe « Mad », des dessinateurs en vogue au cinéma aujourd’hui au plan graphique et scénaristique. À la suite de ça en France, il y a eu Pilote, L’écho des Savannes, Métal Hurlant, des magazines avec de très bons dessinateurs, Brétecher, Gotlieb… Je me sens plus proche de l’art et de la BD que du cinéma. Mes chocs esthétiques, mes stars à moi c’étaient Warhol, Klein, Arman, César, Niki de saint Phalle…. Mon frère c’étaient les stars de cinéma, comme Richard était mon aîné, il m’a ouvert la voie avec le théâtre, pour moi c’était plus facile, mon père m’a écouté, il m’a laissé faire autre chose que bachoter. Je me suis inscrit à l’école Peningen, on commençait à 200 on finissait à 50, j’y suis resté parce que j’avais un certain talent. J’ai beaucoup appris là-bas, discipline, bonne gestion du temps, et puis tout de suite les choses se sont enchaînées. J’ai été engagé dans une boîte de textile, je faisais des motifs pour des tissus, des serviettes éponge pour bébés et juniors… J’étais rapide, je travaillais pour deux grosses boîtes qui faisaient d’énormes catalogues, c’était très mal payé. Après, j’ai travaillé pendant un an dans une petite agence de publicité à Boulogne, j’ai appris à maquetter, à composer, à l’époque il n’y avait pas d’ordinateur.

Isabelle Sobelman : Et l’art dans tout ça ?

Philippe Berry : Artiste pour moi c’était placé très haut, je n’osais pas encore, il a fallu du temps. Dans mon imaginaire, les artistes étaient des héros, savoir qu’Andy Warhol, Niki de Saint Phalle étaient là, vivants, ça me touchait incroyablement. Dans mon entourage cette culture n’existait pas. Je sentais l’art en moi depuis tout petit, j’avais une forme d’intimité inexplicable avec la peinture, la sculpture. Je captais, j’emmagasinais sans même le savoir, j’étais comme une éponge. Pourquoi ça vivait tant en moi, ça reste un mystère. Il n’y avait pas de culture familiale dans ce domaine. Petits, on allait beaucoup en Italie, ça m’a terriblement marqué, l’Antiquité, Pompeï, Rome, les fresques… Mais tout était en désordre, en vrac, ma culture manquait de repères en même temps qu’elle me dévorait. Je m’ennuyais ferme dans la pub, en fait j’étais frustré tout le temps.

Isabelle Sobelman : Alors ?

Philippe Berry : Alors j’ai essayé d’être illustrateur indépendant. Là encore, tu n’es qu’un exécutant : toute la conception est faite, conçue, imaginée. Cette nouvelle formation m’a amené à l’affiche de cinéma, encore une autre technique qui m’a beaucoup appris. Il fallait savoir répondre à l’ambiance d’un film, être très polyvalent, savoir passer d’un montage photo à une peinture réaliste. Je m’éclate pendant un an en gagnant bien ma vie, ma première affiche : « Il faut tuer Birgitt Hass » avec Noiret et Rochefort, est portée par le succès du film. Elle m’avait été inspirée par Warhol et Arman sous forme d’accumulation de photos, j’avais le sentiment d’appliquer concrètement l’art dans mon savoir faire, je me sentais mieux. Pendant quatre, cinq ans, j’ai beaucoup travaillé. Au début, j’étais heureux, je pouvais enfin exprimer quelque chose venant de ma propre culture. D’année en année, je me retrouve dans une situation similaire à celle de la pub et de l’illustration : j’étais un faiseur.

Isabelle Sobelman : Certains grands peintres comme Lautrec ont fait des affiches.

Philippe Berry : Effectivement, mais à l’époque c’était considéré comme de l’illustration pas de l’art. Il y a eu trois périodes d’affiches : une première, avec des artistes comme Lautrec. Une deuxième période, après-guerre, où Ferracci, un maître, crée pour une cinquantaine d’années ses codes graphiques cinéma, immédiatement reconnaissables. Enfin, une troisième période, l’actuelle, où la création dans ce domaine n’existe plus. Ce qui est fou, c’est qu’à vingt ans, j’étais en concurrence avec Ferracci ! Pour résumer les choses, ça n’allait toujours pas, je ne pouvais rien faire personnellement, ma latitude était trop faible. Je gagnais de l’argent et y prenais du plaisir, mais je me sentais vide.

Isabelle Sobelman : Et avec tout l’argent que tu gagnes tu fais quoi ?

Philippe Berry : Je commence timidement à acheter de l’art, avec Josiane Balasko que je rencontre en 1980. Elle achetait avant moi, sans une énorme culture, elle aimait ça. On s’y intéresse ensemble. Pour moi c’était encore très haut, il n’était pas question d’en faire partie, la question ne se posait pas. Donc je tourne en rond. Le cinéma change énormément, tout se standardise, les multitudes de petites agences dédiées au cinéma disparaissent. Je me retrouve très emmerdé par rapport à mon ambition… Qu’est-ce que je fous ? Je me pose des questions graves, j’ai raté ma vie etc…. C’est là que Josiane intervient, me pousse, en me disant soit artiste, vas-y ! La rupture se fait comme ça, d’un coup.

Isabelle Sobelman : Tu changes de vie?

Philippe Berry : Oui. Je m’enferme dans un atelier. Je lâche tout. Sauf que je ne sais pas qui je suis, quelle est mon écriture, je n’avais cessé dans ma vie de m’adapter… Très vite je me démerde pour faire des tableaux ludiques et séduisants dans un souci esthétique, des tableaux abstraits très en matière du genre de Staël, tableaux gestuels, avec une ombre, ce que Bernard Lamarche-Vadel appelait du massage rétinien.

Isabelle Sobelman : Vous-vous connaissez déjà ?

Philippe Berry : Pas encore, il arrive… Pour le moment, je fais des trucs en bois qui plaisent. J’en vends comme ça, les copains passent. Un jour une galeriste suisse me repère, mais elle m’effraie ; l’idée de refaire quelque chose pour elle, de recommencer à m’enfermer à travers elle, non. Je fabriquais, prisonnier d’une technique, ça n’allait toujours pas.
La question était : comment peut-on être artiste, comment s’inscrire en tant qu’artiste dans cette société ? _ qui suis-je ? J’avais un truc en moi, mais comment l’atteindre ?
Toutes ces étapes ont été décisives. La réussite immédiate, exemple la légende Basquiat, c’est très rare.

Isabelle Sobelman : Quel est alors le déclic ?

Philippe Berry : Bernard Lamarche-Vadel, l’homme qui tombe à pic ! Quand je me revois à cette époque, je me demande comment il a pu sentir en moi quelque chose…

Isabelle Sobelman : Il avait du flair…

Philippe Berry : Tu peux le dire… Cette rencontre fut capitale pour moi, il va me donner des clés, toutes les clés par rapport à cette perdition dans ce savoir faire. Il venait de s’occuper de la Figuration Libre, de peintres qui avaient la même culture que la mienne, du coup je me suis senti libéré, comme autorisé moi aussi à y aller : je suis un artiste, c’est ça. Je ne savais pas comment faire pour m’exprimer, il y avait un trop plein, j’allais dans tous les sens, il fallait canaliser cette énergie, mettre tout dans le bon ordre.
BLV me dit : les peintres que tu admires, je les connais, tous dessinent, travaillent en amont, tu dois travailler, pas seulement peindre comme ça tous azimuts. Tout le monde ne peut pas être artiste même si on aime ça, il faut une adéquation avec soi-même et avec son temps.
Je suis à Belleville, je vide l’atelier, j’achète tout ce qui me fait plaisir, des cahiers, des papiers japonais, des pinceaux, je me lâche en achetant des aquarelles, je n’osais pas mettre tout cela à ma disposition. Et puis je m’enferme. Il se passe une énorme période, d’au moins cinq ans où je ne croise personne d’autre que Bernard. Il agit comme un révélateur, m’incitant à lâcher tout artifice technique, à trouver mon écriture sans la singer, à l’accepter.

Isabelle Sobelman : Comment ?

Philippe Berry : En me mettant vraiment au travail, à l’atelier du matin au soir sans dilettantisme. J’ai mis du temps à raccrocher les wagons, les cahiers de dessins m’ont beaucoup aidé, j’ai trouvé ce qui me permettait de jeter mes idées, j’avais trop d’idées et pas de rigueur, de discipline. Peu à peu, je quitte des références. L’aquarelle a été une étape importante, là, j’ai accepté mon écriture, tout est devenu facile et s’est mis en place. En une journée, je faisais un cahier de 50 pages et complètement heureux immédiatement. Je dessine des bonshommes, je suis dans le plaisir, c’est ça la grande réponse : le plaisir. Je dois cette découverte à BLV, c’est lui qui le premier m’a dit prends du plaisir et tu sauras qui tu es. Quand je faisais des tableaux abstraits très colorés, j’avais appelé cette série « le bonheur total », parce que j’étais libéré de ce carcan du cinéma des affiches, du format etc… Et lui me dit, bonheur total, moi je veux bien, mais je ne vois pas où est le bonheur! Alors j’apprends le plaisir avec l’outil, le matériau, j’apprends à peindre. Je m’accrochais vainement à une sorte de peine.

Isabelle Sobelman : C’était quoi cette peine ?

Philippe Berry : Une fausse idée de l’art. Au début de ce que j’appellerai cette déconstruction pour arriver au plaisir, période assez sinistre, je me rapproche des Allemands, Kiefer, kounellis… je m’accrochais à des références, à des drames qui n’étaient pas les miens, des sujets sur l’holocauste, beaucoup de tableaux très noirs. Un jour, je prends conscience que quelque chose ne va pas, que tous ces tableaux ne me correspondent pas . J’ai envie de chanter, il fait beau, et quoi ? Sous prétexte d’être un artiste, je dois être dans le drame? Si je suis un jour gai, un jour triste, j’aime m’amuser, je suis resté enfant, j’ai en moi un continent de souvenirs heureux, si on peut parler dramatiquement, on peut aussi parler ludique, et mon problème c’est de ne pas l’admettre, de ne pas m’y autoriser. Je décide donc de changer, d’accepter, d’inverser. Si je parle de l’holocauste, de la disparition des animaux, ça ne sera pas un éléphant éventré, je peux dire des choses dramatiques sur un autre mode, le mien. Et l’enfance arrive, me libère ! J’adore jouer, même aujourd’hui encore, j’adore les magasins de jouets, le jeu. J’avais trouvé mon langage, écriture et sujet : l’enfance, les jeux de mots … On est en 1990, je rencontre Marie Hélène Montenay, on décide de faire une exposition d’aquarelles.

Isabelle Sobelman : Il n’y a pas encore de sculptures?

Philippe Berry : Non, il n’en est pas encore question. La sculpture est venue par hasard avec ma fille Marilou, elle revenait de la poterie avec des trucs trop géniaux, des bonshommes, elle ramenait de la terre, et on jouait ensemble. Un jour, Marie Hélène vient me voir à l’atelier et elle voit mes poteries qui lui plaisent. Elle me suggère de les faire en bronze et en grand, et me lance sur la piste… Je cherche… Je trouve un fondeur pas trop cher ; on montre deux sculptures à la Fiac, on est contents, on les vends. Un an après, on recommence pour une autre Fiac et surgissent les éléphants. Si je mets des éléphants en équilibre, je dis mon soucis d’eux, mais aussi mon enfance, Babar, les dessins d’école pour apprendre à compter, les éléphants trompe sur trompe. Et là c’est le bonheur total ! Mais c’était dur, difficile, cette matière… la terre craquait… J’ai appris sur le tas… et puis la fonderie, c’est magique ! Je me souviens des premiers éléphants, je les avais faits séparément il étaient en morceaux, ça tenait pas du tout…. Le fondeur arrive… t’inquiète pas. Il recolle tout. Quand il m’apporte les éléphants en bronze, j’y crois pas mes yeux ! Ma terre merdeuse est devenue matière ! À partir de là, tout s’ouvre, je suis enfin en adéquation avec moi-même, je peux chasser les symboles forts de l’enfance, tout ce qui est impalpable, la fumée qui sort de la maison, les chambres d’enfants, les châteaux de sable, les jeux : saute-mouton, le poirier…. Ça n’existait pas dans l’histoire de l’art, c’est une lecture universelle qui n’est nulle part ailleurs que dans nos mémoires. Utiliser le bronze, matériau historique, c’était une vraie réponse, un sésame, faire un instantané pérenne de l’enfance.

Isabelle Sobelman : À cette époque tu te rapproches de certains artistes ?

Philippe Berry : Non pas vraiment. Je suis assez solitaire et puis je rencontre Pierre Nahon qui est devenu mon marchand. Lui aussi m’apprend beaucoup par rapport à ma situation dans le monde de l’art. Où je suis par rapport aux autres, les expressionnistes allemands, la Nouvelle Figuration… Il me décontracte par rapport à ça : les artistes, certains sont des inventeurs, d’autres des singuliers, c’est une fausse question, un diktat stupide, le vrai problème c’est oeuvre ou pas. Les premières sculptures dans une galerie c’était dingue, j’étais tellement gêné, déjà j’étais timide, mais alors là, j’étais dans un trou de souris !

Isabelle Sobelman : Le public a tout de suite bien réagi à ton travail ?

Philippe Berry : J’étais surpris de voir que c’était compris, capté, ça c’était formidable. Les critiques, je m’en foutais, ils disaient péjoratif, ludique, mais c’était ce que je voulais précisément. J’ai tout de suite installé plusieurs fils et tant pis si les gens croient que les jeux, les animaux et les jouets n’ont pas de rapport, moi je sais que c’est un monde. Encore aujourd’hui les gens disent de mon travail qu’il est inégal, certains aiment les animaux, d’autres les personnages, d’autres les jouets, les gens cloisonnent, ils ne voient pas le monde, le bronze perturbe. Et puis en France, c’est le pathos, la culture de l’artiste maudit, les gens ne parlent que des morts, la culture d’un artiste vivant c’est rare, on attend ta mort. Tout est fait pour ne pas aider sous le dehors de l’assistanat, c’est extrêmement paradoxal, les acteurs ne sont pas impliqués, ils s’en foutent. C’est dommage parce qu’en France on a tout pour avoir le marché : une histoire, des artistes, des lieux, même l’argent est là, seulement les collectionneurs dépensent ailleurs, le marché aujourd’hui est américain, ils ont l’argent, ça leur plait, ils achètent ; nous n’avons que les gouttelettes…

Isabelle Sobelman : On te connaît là-bas ?

Philippe Berry : Hélas non, peu. Ici je reçois le courrier des maisons des artistes pour la retraite ! Je survis grâce au public, et comme je vis de mon art, je suis mal vu par les institutions… Nous subissons en France un manque de politique artistique, d’ailleurs on l’a vu dans les années 80 avec Jack Lang qui a mis en place les FRAC, c’est une décision politique une culture. Aujourd’hui tout ce fonctionnement dysfonctionne, il faudrait un encouragement fiscal pour l’art et que les FRAC suivent les artistes, les montrent, aient obligation de résultats. Je me demande bien ce qu’on va faire de cette armée de jeunes hyper formatés qui se bousculent aux portillons de l’art, qui ne servent qu’ à faire fonctionner le fonctionnement ?

Isabelle Sobelman : Des professionnels de la profession…

Philippe Berry : J’en parlais avec Pierre Nahon de tout ça à l’époque, je lui disais : on fait des rétrospectives d’un américain de 30 ans, et pas de César ou de Niki de Saint phalle, c’est pas normal. Il en convenait, ça le navrait aussi, on lui disait que c’était inutile de faire de grandes expositions à ces artistes, qu’ils n’en avaient pas besoin puisqu’ils étaient connus, tu imagines le paradoxe !

Isabelle Sobelman : J’ai vu dans le Monde Diplomatique récemment que tu illustrais si j’ose dire, des articles politiques ?

Philippe Berry : Oui, en juin 2007, ma sculpture panoplie de Zorro convenait bien pour illustrer un article sur les recettes idéologique du président Sarkozy !

Isabelle Sobelman : Quant aux éléphants c’était une bonne intuition !

Philippe Berry : Qu’on prenne mes sculptures pour parler de l’actualité me plaît, je suis bien un artiste de mon temps ! Pour parler des socialistes quoi de mieux en effet que mon Equilibre d’éléphants !

Isabelle Sobelman : Revenons à ton parcours, quand La Galerie Beaubourg s’est installée à Vence qu’as-tu fait ?

Philippe Berry : Une exposition rétrospective, un régal, l’engouement du public ! Et puis je me suis posé pas mal de questions… j’ai eu peu de marchands : Piltzer, Montenay, Nahon, je n’ai pas retrouvé le même compagnonnage après, idem pour les critiques d’art, des gens comme BLV manquent, son regard original, excentrique, loin de toute doxa. Du coup, j’ai changé ma façon de travailler, sans galeries mais avec des réseaux, mais la galerie me manque, je suis seul à devoir tout organiser.

Isabelle Sobelman : Parle-moi de ta prochaine exposition à Metz.

Philippe Berry : C’est à la fois une exposition rétrospective et un renouvellement. Je me suis construit cet univers de bronze en rapport avec l’Antiquité, mais j’avais envie d’une rupture, de couleurs. J’ai essayé la résine, mais je n’étais pas satisfait, en inclusion oui, mais les personnages les sculptures en résine, non, dans l’inclusion on retrouve ce qui se passe dans le bronze, c’est à dire la transformation du matériau. Pour la couleur, j’ai cherché avec mon fondeur à peindre le bronze, on a mis un an à mettre au point un système qui permette de le polir à un degré extrême, très fin, ne supportant pas le moindre défaut ; ensuite on passe un vernis à chaud sur le bronze en plusieurs couches, et voilà, les Splash sont nés.

Isabelle Sobelman : Avec les couleurs irisées des papiers de sucre d’orge.

Philippe Berry : Oui, des couleurs qui appartiennent spécifiquement à l’enfance. La première idée c’était les ballons, et puis écrire les onomatopées des BD, les pop, les waouah, les ahhaha !La couleur s’est propagée dans la sculpture, par exemple les éléphants sortant de leurs trompes un geyser coloré.

Isabelle Sobelman : Tu développes tes classiques.

Philippe Berry : Exactement. Autant à l’atelier c’est fun et ludique, autant quand j’arrive à la galerie, mes sculptures deviennent calmes ; ce sont des nounours, mais le bronze renvoie à un classicisme.

Isabelle Sobelman : Tu ne tombes pas dans le piège du gadget, tu restes sur le fil…

Philippe Berry : En équilibre, en équilibre tout le temps, maître mot de mon travail.